LES ENFANTS FETENT PONGAL AU TAMIL NADU
Par Patrick le mercredi, janvier 16 2008, 07:29 - Flash info - Lien permanent
En ce moment, tout l'état du Tamil Nadu fête Pongal.
Cette grande fête des moissons qui dure quatre jours est un des événements majeurs et l’une des fêtes les plus colorées du Sud de l’Inde. C’est une période importante de l’année durant laquelle chacun va planifier les événements importants de sa vie.
Pongal est directement associé au cycle annuel des saisons, en marquant chaque année à la mi-janvier, le passage du soleil du signe du Cancer à celui du Capricorne. C'est l'occasion de fêter les récoltes mais aussi le retrait des moussons du sud-est qui ont abreuvé l’Inde du sud. Cette fête est également le moment, au début de la nouvelle année, de célébrer les trois principaux éléments indispensables à l’agriculture : le soleil, la pluie et le bétail.
En tamoul, Pongal signifie “bouillonnement”.
Lors de cette célébration populaire, on cuit traditionnellement, dans des marmites de lait bouillant que l'on laisse volontairement déborder en signe d'abondance et de générosité, du riz agrémenté d’épices, de fruits et de sucre. D’autres plats accompagnent ce moment de recueillement : les curry, chutneys...
Le 1er jour, Bhogi Pongal est dédié à la famille et au foyer.
C’est le temps du grand ménage : on balaie avec grand soin la maison et la rue, un feu est allumé à l’aube au jardin ou sur le bord de la route, dans lequel sont lancés tous les objets domestiques usagés et les vieux vêtements afin de démarrer symboliquement une nouvelle vie. Ce jour célèbre le Dieu Indra, "le régulateur des nuages et le faiseur de pluie" à qui l'on offre du riz au lait. Les entrées des maisons sont décorées avec des kolams. Au lever du soleil, les femmes réalisent ces merveilleux dessins devant leurs portes, à l’aide de farines de riz multicolores.
Il s'agit de tracer d'un geste habile de la main toutes sortes de lignes géométriques, en répandant sur le sol les poudres colorées. Ce geste est deux fois béni : le don de farine de riz aux plus infimes créatures, en tant que premier acte de la journée, est considéré comme extrêmement favorable et un beau kolam est susceptible d’attirer les divinités. Plus que de simples décorations, les kolams revêtent une fonction symbolique. Ils représentent la « part du pauvre » et un signe aux divinités qui accorderont chance et prospérité à la maisonnée.
On dit qu’ils sont bénéfiques. Pour qui sait les traduire, les kolam fournissent de précieuses informations. Ils indiquent aux nécessiteux et aux hommes pieux qu’ils trouveront là de quoi se restaurer ou, plus généralement, ils indiquent une famille prospère et accueillante. Leur absence peut signaler un foyer frappé par la mauvaise fortune ou la mort, ou simplement dépourvu de femmes. Certains pensent qu’ils protègent du mauvais oeil, écartant les méchantes intentions comme l’envie et la jalousie.
Le 2ème jour, Surya Pongal est consacré au dieu Soleil, sans qui la nature ne serait rien. Les célébrations débutent à l'aube. C'est un grand jour pour la pratique du kolam. Très tôt le matin on prépare à nouveau dans un pot neuf, du riz au lait, sucré et garni de noix de cajous que l'on va offrir à Surya. Ce jour là, tout le monde prépare des desserts, se rend visite et échange des voeux.
La plupart des agriculteurs célèbrent Mattu Pongal le troisième jour, pour remercier les animaux de les avoir aidés à la récolte. Le bétail est baigné dans la bonne humeur à la rivière proche, les cornes sont polies et peintes de couleurs vives, on décore vaches et bœufs de ballons et de guirlandes multicolores. Le pongal, que l'on a offert aux dieux la veille, est alors donné au bétail pour qu’il le mange. Ce jour là, les vaches sont bénies au temple dont elles font le tour, elles vont ensuite défiler en musique derrière la statue d’un dieu. Même les tracteurs sont décorés comme les animaux : puisqu'ils rendent les mêmes services aux champs, ils ont leur place dans le cortège ! Certaines régions prolongent les trois jours de fête par un quatrième appelé Kaani Pongal où les plus jeunes demandent des conseils et la bénédiction des plus âgés.
A l'orphelinat, les enfants se sont régalés de riz sucré, ils ont fait la fête avec leur quartier et leur école.
C'est aussi l'occasion de déguster la canne à sucre fraîche et là, les enfants ne s'en sont pas privés...!








